Joseph Bancel et la fabrique de croix

L’histoire de Saint-Julien-Molin-Molette nous a été contée par plusieurs auteurs : l’Abbé Chaland en 1852,  l’Abbé Peillon dans Les échos de St-Julien de 1902 à 1912, puis Joseph Bancel à travers son ouvrage Histoire de St-Julien-Molin-Molette, édité en 1984.

Nous tenons à rendre hommage à Joseph Bancel en vous offrant ici sa biographie, écrite par un membre de sa famille et transmise par Eliane et Jean-Marc Bancel. Nous joignons aussi l’introduction « Au lecteur » qu’il a faite dans son ouvrage.

Nous avons déjà publié le chapitre sur les mines de plomb et nous poursuivrons ces publications. Cela est rendu possible grâce à ses petits-enfants qui nous ont aimablement autorisés à le faire. Ils contribuent ainsi à vous faire connaître St-Julien comme leur grand-père l’a fait pour eux. Alors, bonne lecture, dans l’attente de la suite des publications…
Pour Patrimoine Piraillon Hubert Sage

Biographie de Joseph (Emile) Bancel

Extrait d’une biographie écrite par Serge Bancel à partir de souvenirs recueillis depuis les années 1970, d’actes administratifs et du livre de Joseph Bancel sur St-Julien-Molin-Molette (avec l’aimable autorisation de sa fille Marinette Gattet-Bancel).

Joseph, de son prénom de baptême Emile, prénom dont il avait, semble-t-il, totalement oublié  l’existence car dans tous ses écrits il ne fait référence qu’à Joseph (…même sur sa tombe « Emile » ne figure pas), nait à St Julien le 28 novembre 1891. Son père, Louis Ambroise, est déjà dans la force de l’âge avec ses 44 ans et sa mère, Marie Colombe, a 37 ans.

En 1920, Joseph se mariera avec Jeanne Faure, de Saint-Etienne, et ils auront 4 enfants : Marius né en 1921, Marie Antoinette (Marinette) en 1922, Louis en 1926, Jeanne (Jeannette) en 1926, tous de St-Julien.

Joseph est le dernier des 3 enfants de Louis Ambroise qui est un excellent « forgeur ». Joseph commence avec lui son apprentissage des métiers de la forge mais celui-ci meurt subitement en 1906 alors que Joseph n’a que 15 ans. Orphelin de père, il est pris en charge par son oncle Pierre Alphonse. Il se retrouve en compagnie de ses cousins germains qui le considèrent comme leur cadet. Oncle et cousins travaillent à l’usine Corompt, Joseph y continue son apprentissage jusqu’à ce qu’il soit fait « ouvrier-mécanicien ». Il rejoint alors l’ainé de ses cousins chez Berliet à Lyon, où il restera jusqu’avant la guerre de 14-18. Pendant la guerre il fabrique des pièces d’acier pour l’armée.

À la fin de la guerre, en 1919, M. Cabut, propriétaire de la fabrique de bijouterie religieuse de St-Julien propose à Joseph de reprendre son usine, dont la spécialité était de fondre des croix en laiton incrustées d’ébène surnommées « Croix de la Bonne Mort ».

Ainsi, en 1919 Joseph reprend la fabrique de croix, puis en modernise la fabrication et crée de nombreux modèles. Ses fabrications sont renommées et le nom de St-Julien-Molin-Molette se fait connaitre sur les 5 continents. Au plus fort de son activité l’usine fera emploiera 80 ouvriers. Par ailleurs, en 1924 Joseph installe un atelier de limage à Riotord en Haute-Loire pour l’entretien des métiers des usines de tissage.

L’usine de fabrication de croix a fêté ses 100 ans en 1966, malheureusement Joseph n’a pu y participer, mort peu de temps avant, en 1965, à l’âge de 74 ans. Il avait dirigé l’entreprise pendant 42 ans et l’avait transmise à son fils Marius en 1961, il avait alors plus de 70 ans. Jeanne, son épouse, disparaitra en 1974 dans sa 87ème année.

Au lecteur – introduction de l’Histoire de St-Julien-Molin-Molette par Joseph Bancel

Ci-dessous les 2 pages de cette introduction à l’ouvrage de Joseph Bancel, ou en version pdf : par ici