Autour des noms…

Origines des noms du village, de ses rues, ses hameaux, ses lieux-dits…

Recherches réalisées par Michel, Denise, Hubert, Dany, Christian, François.

Le nom de St-Julien-Molin-Molette

D’après l’abbé Chaland, auteur d’un ouvrage de 1852 qui fait encore référence (Histoire de St-Julien-Molin-Molette), « Molette » aurait été le premier nom du village car on y taillait des meules ou molettes servant à aiguiser les armes blanches. Puis des moulins pour la production de farine ou d’huile s’étant installés le long du Ternay, on ajouta le nom de « Molin ». St-Julien n’aurait complété le nom qu’après la construction de l’église en 1555, mais Christian Baas fait remarquer qu’on trouve déjà le nom actuel (en latin) dans le cartulaire du Prieuré de St-Sauveur-en-Rue, texte datant du XIème siècle.
Dans le bulletin paroissial, l’Echo de St-Julien, qu’il a fait paraître de 1900 à 1914, l’abbé Peillon consacre 7 longs articles (fin 1905-début 1906) à la biographie de St-Julien, une biographie en fait largement romancée. Julien, originaire d’une riche famille de Vienne, en Dauphiné, aurait vécu à la charnière du IIIème et du IVème siècle. Il embrassa la carrière militaire, mais se convertit au christianisme, ainsi que son ami Ferréol qui l’exhorta à fuir pour échapper aux persécutions ordonnées par l’empereur Dioclétien. Il fut arrêté et décapité près de Brioude en Auvergne et sa tête fut ramenée à Vienne comme preuve. Un ange ordonna à deux vieux bergers de transporter la dépouille de Julien à Brioude. Ils rajeunirent pendant le trajet et se convertirent à l’arrivée. L’un devint St-Arcons, l’autre St-Ilpize dont deux pittoresques villages du Val d’Allier, en amont de Brioude, portent le nom. Outre St-Julien-Molin-Molette, un chapelet de localités porte le nom de Julien (St-Julien-Molhesabate, St-Julien-Chapteuil, St-Julien-du-Pinet…) entre Vienne et Brioude où est construite une très belle église romane, la plus vaste d’Auvergne. Le nom de Ferréol a été donné à une commune de Haute-Loire située à proximité de Firminy.
Il fut question en 1925, de débaptiser notre commune pour l’appeler St-Julien-sur-Ternay, mais le projet ne suscita pas l’enthousiasme et fut abandonné.

Les Piraillons

Quant au nom des habitants, les Piraillons, ce mot vient de pirail qui veut dire dans le langage de l’époque : coléreux, révolté. Lorsque Blumestein a obtenu du roi l’autorisation, en 1717, d’exploiter le minerai de plomb présent en plusieurs lieux de la contrée, les habitants ont eu interdiction de continuer à prélever ce minerai qui était utilisé pour émailler les poteries. Les habitants se révoltèrent pour montrer leur colère.

Le Ternay

Le nom Ternay a plusieurs étymologies possibles. La plus probable remonterait à un mot pré-latin tourno signifiant une hauteur, une éminence. Le Ternay ne descend-il pas du sommet du Pilat ? Mais sans garantie…

Le Plateau Marchand

D’après Joseph Bancel (Histoire de St-Julien-Molin-Molette), il y aurait eu, sur le Plateau Marchand, dans des temps très reculés, des foires dynamiques nécessitant un vaste espace pour le commerce des bestiaux. Mais aucun texte, ni aucun vestige archéologique ne confirment cette hypothèse.

La Condamine

C’est le même sens que dans condominium : souveraineté exercée par deux ou plusieurs états sur un autre pays. La Condamine aurait désigné un bien, un domaine, en indivision.

La Bégude

Nom courant dans la moitié sud de la France. Vient du participe passé provençal begude du verbe boire. Une bégude était une auberge, une buvette, un lieu où l’on peut boire. Et dans ce secteur du village il y a de nombreuses sources.

Mainbœuf

Comme pour St-Pierre-de-Bœuf, commune pas très éloignée mais dans la vallée du Rhône, bœuf est ici une altération de beu qui est un dérivé de bois. Main viendrait de magnus = grand. Mainbœuf désignerait donc un grand bois.

Malencogne

Malencogne : l’endroit où on risque de recevoir des coups, de se faire cogner. Dans les Mémoires de St Julien-M-M, l’Abbé Chaland rapporte (p. 9) une légende qui dit que vers le VIIIème siècle « subsistaient à St-Julien , sur la montagne qui domine le village, deux châteaux fameux, célèbres par leurs guerres, leurs haines, leurs brigandages, leurs crimes, que rendait impunis la solitude des bois du Pilat : celui de Bel Air à Picoutiou, et celui de Malamort à Taillis-Vert… châteaux dont il ne reste plus aujourd’hui que des tas informes de pierres et quelques morceaux de fer rouillés attachés à ces antiques pierres. » Malamort signifie évidemment la mauvaise mort et désigne un passage dangereux, un défilé, ce qui est le cas ici : Malamort et Malencogne concordent.

Coron

Coron (qui a diverses orthographes) viendrait du nom d’homme latin Corus ou Cortus ou du nom commun signifiant coin, quartier. À noter qu’on a aussi appelé ce hameau Dorel, vu le nombre de familles portant ce nom qui y vivaient.

La Miellerie

Sur un versant bien exposé, on y élevait autrefois des abeilles… pour la production de miel.

Rue de la Madone

On y a élevé, dans la 2ème moitié du XIXème siècle, son style sulpicien étant caractéristique de l’époque, une statue de Marie qui devait être alors comme une sentinelle, un phare en avant du village et se détachant de lui. Cf. la prière À la Madone dans le N°2 de l’Echo de St-Julien (Août 1900). En voici les 4 premiers vers : « Si vous descendez vers Liponne / Passant saluez la Madone / Qui de son piédestal domine / Saint-Julien et la Condamine. »

La Rivoire, La Rivory

Ce sont évidemment des lieux bordés de cours d’eau, près des rives… Ruisseaux de Mainbœuf, de Condamin, la Déôme pour la Rivoire, le Ternay et le Pontin pour la Rivory.

Chatagnard

Lieu planté de nombreux châtaigniers.

Combenoire

Une combe où le soleil a du mal à arriver.

Peyronnet

Probablement un des innombrables diminutifs de pierre. À la place des maisons (côté impair) il y avait une carrière. C’est donc la rue des pierres…

La colline de Guéret

Un guéret est une terre laissée en jachère, une sorte de lande. Guéret, préfecture de la Creuse, fut d’abord un monastère perdu sur un espace plutôt désolé. On retrouve ce sens dans la célèbre chanson Mon beau sapin : « Quand par l’hiver bois et guérets / Sont dépouillés de leurs attraits / Mon beau sapin roi des forêts / Tu gardes ta parure…. » Du 18 au 21 août 1910 se tint à St-Julien-M-M, le 6ème Congrès Eucharistique du diocèse de Lyon. Le 21 août, une messe qui eut lieu sur la colline de Guéret en fut le point d’orgue.

Le Prébattoir

Ce quartier doit son nom aux tanneries qui y étaient implantées. Pour rendre le cuir imputrescible, les peaux devaient séjourner dans un bain de tan. Pour obtenir ce jus, il fallait écraser les écorces de chêne ou de châtaigner. Cette opération se faisait à l’aide d’un moulin battoir.

Montée des Fabriques

Ce nom de rue apparait sur le cadastre bien avant que la commune décide de donner des noms et numéros aux rues. Cette montée donne accès aux fabriques. C’est dans ce secteur qu’ont été implantées les premières fabriques de moulins à tordre le fil de soie au XVIIIème siècle.

Rue du Faubourg

Tout au début du XVIIIème siècle, les habitations sont regroupées dans le bourg : enceinte du château et de l’église sur la rive droite de la rivière Ternay. C’est aussi l’époque où apparaissent des habitations hors du bourg, sur la rive gauche de la rivière, le faubourg.

Rue Neuve, Rue Vieille

Le bourg ne possédait qu’une seule rue et un seul pont. Lorsque l’on a tracé une nouvelle voie hors du bourg, elle a été appelée rue Neuve (vers 1850 avec la construction d’un nouveau pont) et la première et unique rue ancienne est devenue la rue Vieille, qui a longtemps conservé ses pavés.

Rue du Plâtre, Le Plâtre

Le plâtre = aire de battage.

La Plessa

Cela viendrait-il de plessis, plaix, pleix, qui veut dire une haie faite de branches entrelacées ?

Le Bois du Four

Dans ce bois, il y avait un four pour fabriquer le charbon de bois.

La Roche

Le moulinage de la Roche, parce que la fabrique était en-dessous d’un rocher et à proximité d’une petite carrière d’où ont dû être extraites les pierres qui ont servi à la construction de cette fabrique.

La Blache

Mot provençal, d’origine gauloise, désignant à l’origine une jeune plantation de chênes.

Rue Entre deux âges

Cette rue est située entre la maison de retraite et l’école primaire.

Puy Mary

Le mot latin podium (= lieu élevé) a donné en français puy et de nombreuses variantes, notamment pech dans le sud, poggio en Corse, poët dans les Alpes… Mary est un des innombrables dérivés (Mairé, Méré, Meyrieu…) du nom d’homme latin Marius. Un certain Marius a dû posséder jadis un domaine sur cette hauteur.

Impasse Saint-Ennemond

Elle permettait d’accéder à l’ancien cimetière. Ennemond fut archevêque de Lyon au VIIème siècle. C’est lui qui a établi la sonnerie des cloches pour rappeler l’heure des offices religieux. Il est aussi connu sous le nom de Chamond, nom qui a été donné à une ville ligérienne. Il vécut pendant la période troublée que fut l’époque mérovingienne où s’opposaient notamment des états tels que la Neustrie, l’Austrasie, la Bourgogne. Pris dans les luttes entre l’évêque d’Autun (Saint Léger) et Ebroïn, maire du palais de Neustrie, il fut assassiné en 657.

La Fayolle

Les végétaux ont inspiré bien de noms de lieux. La Fayolle désignait un bois de hêtres. Hêtre est un mot d’origine germanique arrivé en Gaule romaine avec les grandes invasions du Vème siècle. Il n’a pas complètement supplanté le latin fagus qui a donné fayard ; on retrouve cette dernière racine dans Fay (Fay-sur-Lignon) ou dans Le Faou en Bretagne.

Drevard

Drevard, drevet, viendraient de dervos, un des mots gaulois signifiant le chêne.

La Modure

D’après Joseph Bancel (p. 11), Modure s’est écrit Moudura. Comme Moudeyres pittoresque village aux toits de chaume en Haute-Loire, Moudura serait de la famille de moudre, moulin. Le quartier de la Modure est près du Ternay où il y avait des moulins. Pour rejoindre le moulin de la Caroline au Mas de la Prélagère, on empruntait une partie de la rue de la Modure et on la quittait pour prendre la rue de la Prélagère. Cette voie d’accès était moins pentue que la rue du Moulin qui permettait elle aussi d’accéder au moulin.

Les Combiaux

Le Ternay coule ici en-dessous de la Condamine et reçoit sur sa droite un maigre affluent souvent à sec. On a donc ici la rencontre de deux vallées, de deux combes.

Les Baumes

Baume (Baume-les-Dames…), Beaume (les Beaumettes…), Balme (la Balme-les-Grottes…), viennent du mot pré-latin balma qui signifie un trou, une grotte, un lieu enfoncé. Le hameau Les Baumes est au confluent du vallon dans lequel coule le Tacon et d’un ravin étroit généralement à sec.

La Garinière

Cette appellation pourrait provenir de garenne ; ce terme désignait autrefois un bois, un étang ou une portion de rivière auxquels était rattaché un droit exclusif de chasse ou de pêche. La rivière (Déôme) n’est pas loin et les seigneurs successifs du château de La Rivoire auraient pu être les détenteurs de ce droit. Il faut remarquer que l’abbé Peillon, qui consacre trois articles au Château de la Rivoire, note dans le premier (Echo de Saint-Julien – septembre 1907) que le domaine de la Rivoire s’est étendu à une certaine époque jusqu’au ruisseau de la Garinière, qui marque aujourd’hui la limite entre le département de la Loire et celui de l’Ardèche. Or, précise-t-il, ce ruisseau de la Garinière s’est primitivement appelé ruisseau de la Gallinière. Cela conforte l’idée d’un endroit giboyeux, avec seulement un changement de nature du gibier, une gallinière étant plutôt riche en gallinacés (poules et coqs, faisans, perdrix, cailles, pintades…).

Avenue de Colombier

Dans son Histoire de Saint-Julien-Molin-Molette, Joseph Bancel écrit que « l’avenue de Colombier était encore en 1900 appelée « Merderue », en patois « Mardariau ». Ce nom vient du pré « Merdaire », qui était limité d’un côté par le chemin de Drevard et de l’autre par le chemin de St-Julien à Colombier », et sur lequel fut tracée l’actuelle avenue. À l’évidence, ce pré devait être boueux, fangeux.

Colombier

Ce village s’est longtemps appelé Saint-Pierre-en Colombaret, un lieu où il y avait un colombier, un pigeonnier. Voici ce qu’écrit l’abbé Chaland (p. 24) sur la paroisse de Saint-Julien-Molin-Molette (les communes et les départements n’ont été créés que pendant la Révolution Française) : « La paroisse de Saint-Julien possédait autrefois, de temps immémorial, le hameau d’Etheize, de 200 âmes, hameau qui fut rattaché par son propre curé, M. Jamet, à la paroisse de Saint-Jacques d’Atticieux (Ardèche) à l’époque de la reconstitution des paroisses, après la grande crise de 93 ; elle possédait encore la Villette, Graix et Colombier, et avait environ 50 km de circonférence. Au XVIIème siècle, elle avait déjà trois prêtres à sa desserte : un curé et deux vicaires, le curé et l’un de ses vicaires résidant à Saint-Julien, l’autre à Colombier, chapelle vicariale annexe de l’église de Saint-Julien, sous le vocable de Saint-Pierre, mais avec l’obligation d’aller célébrer de temps en temps les saints mystères à la chapelle rurale de Graix, sous le vocable de Saint-Abdon et de Saint-Sennen, dont le curé de Saint-Julien était le recteur. En 1780, Graix se détacha de la paroisse mère et s’érigea en succursale et eut son curé. La même année, Colombier suivit son exemple. »

Buzet

C’est en direction de Bourg-Argental, l’espace compris entre le quartier de la Modure et Roué. Ce nom pourrait venir de l’ancien franco-provençal buzo, bozo = bouse. On trouve ici une source. Aux époques où l’on ne disposait pas de l’eau courante, un point d’eau était précieux. Hommes et animaux s’y pressaient. L’endroit était sans doute boueux, bouseux.

Montée du Calvaire, montée des Anges, montée des Fabriques, avenue des Ateliers, chemin des tissages

Dans ce village les noms des rues ne font pas preuve d’imagination ou peuvent être très originaux. Si vous voulez vous rendre au Calvaire (parc à visiter car c’est une pièce unique – voir ici sur notre site), vous pouvez prendre la montée du Calvaire ou la montée de Anges. Si vous voulez rejoindre la montée des Fabriques, prenez l’avenue des Ateliers qui vous y conduit, mais il n’y a pas d’ateliers dans cette rue. Les fabriques sont ensuite traversées par le chemin des tissages…

Place Louis Bancel, rue Jean Delforges

Seules une place et une rue portent le nom d’une personnalité : la place Louis Bancel, artiste sculpteur originaire de ce village et la rue Jean Delforges, premier pharmacien à s’être installé au village.

APPEL À CONTRIBUTION…

Vous êtes invités à compléter ces données et nous faire partager vos connaissances, notamment sur les noms suivants :

  • Rue Prélagère (le moulin de la Caroline au mas de la Prélagère)
  • Hameau de Lyponne
  • La Pause
  • Roué
  • La Pourretière
  • Les Manissols
  • Les Littes
  • Champgurin